L'année 2011 qui s'achèvera dans quelques jours, a été très éprouvante pour les Burkinabè. Le pays a été secoué par une crise sociale sans précédent, marquée par de nombreuses manifestations de scolaires et des mutineries de militaires dans la quasi-totalité des casernes. Comme si cela ne suffisait pas, la situation alimentaire est devenue très préoccupante, parce que la campagne agricole n'a pas produit les résultats escomptés. Le coton, encore appelé « l'or blanc », a lui aussi connu sa traversée du désert. Aux mois de juin et juillet, de nombreux producteurs, insatisfaits des prix proposés pour l'acquisition des intrants et la vente du kilogramme de coton, ont violemment exprimé leur mécontentement, en détruisant les plants de coton de ceux qui ont osé braver le mot d'ordre de boycott de la campagne.La crise dans les zones de production de la Société burkinabè des fibres et textiles (SOFITEX) a même tourné au drame dans la région cotonnière de Houndé, où des cotonculteurs se sont affrontés. Résultat, un producteur a été tué dans la zone de Boromo et plusieurs autres arrêtés et jetés en prison. La culture du coton est pourtant très soutenue par les autorités du Burkina Faso. Chaque année, ce sont des centaines de millions de F CFA de subvention qui sont injectés dans ce secteur, pour amoindrir les coûts de production. Mais cela, semble-t-il, est insuffisant, car les cotonculteurs continuent de se plaindre des prix des intrants et du kilogramme de coton graine. Les engrais, vendus durant cette campagne entre 16 000 et 18 000 F CFA le sac de 100 kg, ont été jugés trop chers.
And more about the importance of cotton to women in the southwest region of Burkina Faso.
Grâce à la vente de leurs récoltes, des milliers de cotonculteurs ont amélioré leurs conditions de vie : construction de maisons en dur, achat de tracteurs, de motos, entre autres. Dans une ville comme Bobo-Dioulasso, de petites unités industrielles (huileries, savonneries, fabriques de tourteaux) ont vu le jour, toujours grâce au coton, et emploient des centaines de jeunes. N'eût été le coton, de nombreuses femmes n'auraient pas également de quoi s'occuper à Sya. En effet, ces femmes arrivent à raffiner l'huile brute qu'elles achètent aux unités modernes, et aussi à produire du savon. Même si elles mènent leurs activités dans la clandestinité, la vente des produits leur permet de soutenir financièrement leurs époux. On le constate donc, le coton est vital pour notre pays. Des pays de la sous-région ont été particulièrement généreux avec leurs cotonculteurs en 2011, l'objectif étant de relancer le secteur de l'or blanc.


